Nicolas Blin peintures

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Repères et éléments biographiques - extraits iconographiques



1955 du paysage aux personnages

textes : Maria Klaus

© adagp nicolas blin

 

Herrière, instant b - huile sur toile - série de 8 pièces - 65x54 cm -1980 - (collection particulière) - Ce premier dispositif narratif sur le thème de la brume expèrimente, par l'infime nuance, la perception du visuel dans sa durée.

 

 

Nicolas Blin est né en 1955, et grandit au sein d’une famille de peintres, d’architectes, dont l’esprit demeure vivace, mais aussi à côté de son oncle, le metteur en scène Roger Blin.

Dès 1972, alors âgé de 17 ans, il présente ses premières toiles dans divers salons locaux (région parisienne).

Il entre en 1976 à l’atelier de peinture Albert Zavaro de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il y découvre aussi les techniques du vitrail, de la fresque et de la lithographie.

Puis diverses expositions vont se succéder à Paris et en province, ce sont déjà des ensembles de toiles rattachées à un thème, notamment l’Univers poétique d’Henri Bosco (1981 Centre Arturo Lopez à Neuilly).

 

 

 

L'Ombre - (Univers poétique d’Henri Bosco) - huile sur toile - 100x81 cm - 1981 (collection particulière)


NOTE :

L'Ombre

De l’influence d’ Henri Bosco sur le peintre Nicolas Blin, à propos de l’exposition « L’Univers poétique de Henri Bosco », organisée à Neuilly sur Seine au Centre Arturo Lopez en 1981. Blin semble avoir trouvé chez Bosco une manière de concevoir le paysage comme un espace narratif : un lieu réel devient mystérieux, chargé de mémoire et de présence invisible. Ses peintures ne racontent donc pas une histoire de façon explicite ; elles présentent plutôt des scènes silencieuses qui donnent au spectateur l’impression qu’un événement a eu lieu ou va se produire. Le tableau L’Ombre, associé au dernier roman de Bosco (Une Ombre), apparaît particulièrement important. Le roman repose sur un voyage dans le Haut-Var, la poursuite d’une présence mystérieuse, la répétition d’une expérience entre passé et présent et la confusion entre réalité, souvenir, rêve et apparition. Ces éléments correspondent étroitement aux recherches de Blin sur le récit pictural et la temporalité.

La composition du tableau : un homme vu de dos, un enfant assis, trois marches et une silhouette presque fantomatique à contre-jour... Le personnage de dos devient un intermédiaire entre le spectateur et l’espace. L’enfant peut suggérer une autre temporalité. La silhouette mystérieuse incarne ce qui échappe au regard et nourrit le récit. Cependant le texte de Bosco décrit clairement des éléments que l'on retrouve ici seulement suggérés.

Il y a un possible rapprochement entre Blin et Giorgio de Chirico pour l’espace énigmatique et la présence invisible, et d’Edward Hopper pour le temps suspendu. Mais Bosco constitue le lien littéraire essentiel : chez lui comme chez Blin, le lieu conserve une histoire invisible et le spectateur doit compléter mentalement le récit.

En résumé : Blin ne cherche pas à illustrer Bosco. Il semble avoir trouvé dans son œuvre une conception du récit qui correspondait à sa propre recherche artistique : faire d’une peinture un fragment d’histoire, où le silence, le paysage, les personnages et les ombres suggèrent un récit que le spectateur doit lui-même imaginer.

Maria Klaus