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L'Ombre
- (Univers poétique d’Henri Bosco) - huile
sur toile - 100x81 cm - 1981 (collection particulière)
NOTE
:
L'Ombre
De l’influence d’ Henri
Bosco sur le peintre Nicolas Blin, à propos de l’exposition « L’Univers
poétique de Henri Bosco », organisée à Neuilly sur Seine au Centre Arturo
Lopez en 1981. Blin semble avoir trouvé chez Bosco une manière de concevoir
le paysage comme un espace narratif : un lieu réel devient mystérieux,
chargé de mémoire et de présence invisible. Ses peintures ne racontent
donc pas une histoire de façon explicite ; elles présentent plutôt des
scènes silencieuses qui donnent au spectateur l’impression qu’un événement
a eu lieu ou va se produire. Le tableau L’Ombre, associé au dernier
roman de Bosco (Une Ombre), apparaît particulièrement important.
Le roman repose sur un voyage dans le Haut-Var, la poursuite d’une présence
mystérieuse, la répétition d’une expérience entre passé et présent et
la confusion entre réalité, souvenir, rêve et apparition. Ces éléments
correspondent étroitement aux recherches de Blin sur le récit pictural
et la temporalité.
La composition du tableau :
un homme vu de dos, un enfant assis, trois marches et une silhouette presque
fantomatique à contre-jour... Le personnage de dos devient un intermédiaire
entre le spectateur et l’espace. L’enfant peut suggérer une autre temporalité.
La silhouette mystérieuse incarne ce qui échappe au regard et nourrit
le récit. Cependant le texte de Bosco décrit clairement des éléments que
l'on retrouve ici seulement suggérés.
Il y a un possible rapprochement
entre Blin et Giorgio de Chirico pour l’espace énigmatique et la présence
invisible, et d’Edward Hopper pour le temps suspendu. Mais Bosco constitue
le lien littéraire essentiel : chez lui comme chez Blin, le lieu conserve
une histoire invisible et le spectateur doit compléter mentalement le
récit.
En résumé : Blin ne cherche
pas à illustrer Bosco. Il semble avoir trouvé dans son œuvre une conception
du récit qui correspondait à sa propre recherche artistique : faire d’une
peinture un fragment d’histoire, où le silence, le paysage, les personnages
et les ombres suggèrent un récit que le spectateur doit lui-même imaginer.
Maria Klaus
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